Balançoire-Columpio

Il n’y a pas grand-chose dans Balançoire à part son titre qui l’apparente à la célébrissime œuvre de Fragonnard. Balançoire avance dans des chemins plus conceptuels, rejoignant ainsi une partie des grandes métahistoires su XXieme Siecle. Balançoire se rapproche en évoquant des ready-made* duchampionats comme de l’univers mécanique de Tinguely.

La Balançoire, la pelle, en tant qu’élément suggestif, symbolique et d’ambivalence marquée, est soumise par Reyes à un procédé de banalisation, en se transformant, en dernier ressort et avec l’incursion du mouvement, en une sorte d’élément récréatif.

Néanmoins, au-delà de cette transfiguration formelle, ce qui est réellement sous-jacent dans l’œuvre, c’est l’exploration systématique du mouvement comme moyen créatif et surtout la capacité hautement évocatrice de celui-ci**.

 

* Précisément le premier ready-made de Duchamp, de 1915, est une pelle de neige suspendu au plafond de son atelier. Son titre est : En prévision d’un bras cassé.
** Ce n’est pas un secret que l’idée de mouvement a été depuis la fin du 19ieme et début du 20ieme, un des grands totems du processus créatif. Ceci peut être apprécié dans les photographies de Muybridge, les futuristes italiens, les mobiles de Calder, les sculptures de Naum Gabo ou celles de Jean Tingueley. Voici une citation de ce dernier qui illustre cette idée : « La vie est mouvement. Tout se transforme, tout se modifie sans arrêt. Essayer d’arrêter cette modification ou essayer de freiner la vie en plein vol et la capturer à nouveau en forme d’œuvre d’art, une structure ou une peinture, pour moi est la même chose que se moquer de l’intensité de la vie » Voir : VVAA. Arte del siglo XX. II volumes. Colonie. Taschen, 2005. Pag.508.

Fiche technique

Pelles, boucle, élastique et spray

680 x 92 x 36 cm

2012