Mur-Muro

La photographie de Reyes est comme l’œuvre résultant d’un moderne flâneur*. Attiré par les marges et les canalisations de la société, il déclenche son appareil photo dans ces endroits où la beauté résulte plus distante et les filtres se révèlent stériles. Reyes, comme le flâneur et comme l’indique Susan Sontag, n’est pas attiré par les réalités officielles de la ville sinon par ses recoins obscurs et misérables et ses habitants laisser-pour-comptes**.

Mur fuit des formalismes canoniques pour se situer dans l’épicentre iconographique de Reyes. De cette manière, nous retrouvons en Mur une sorte de refuge ou tranchée où habitent ces polarisations tant caractéristiques du discours poétique de l’artiste, car sur sa robuste et velléitaire structure plane constamment l’ombre du déséquilibre et de l’effondrement.

 

* Le flâneur, personnage décrit par Baudelaire et systématisé postérieurement par Walter Benjamin, est une sorte de promeneur errant, dans les rues, sans un but précis qui, guidé exclusivement par son inspiration, déambule séduit par les nuances et les petits détails alternatif à la réalité de la multitude. Pour une vision plus ample de flâneur voir le chapitre intitulé : le peintre de la vie moderne inclus dans : Beaudelaire, C. Salon et autres écrits sur l’art. La balsa de la Medusa, Madrid, 2005. Pag. 347 et suivantes.

** Sontag, S. Sur la photographie. DeBolsillo, Barcelona, 2013. Pags. 61 et 62.

Fiche technique

Photographie et negatoscopio

34 x 49 x 10 cm

2016