Temps-Tiempo

Si nous disposions d’un panoramique de l’œuvre de Reyes, nous observerions sans difficulté comment le concept de temps survole une grande partie de sa production artistique. Des pièces comme Sonnette, Charriot Phénix ou Tonneau ainsi en témoigne. Néanmoins, cette tautologie trouve dans Temps sa version la plus conceptuelle, discordante, explicite et pourquoi pas, la plus catégorique.

Pour Joseph Kosuth, un des popes de l’art conceptuel, les œuvres seraient comme des résidus physiques de l’activité de l’artiste*. L’air méprisant que possède ici le terme résidu met en exergue ce changement de paradigme où, comme le dira Lucy Lippard, l’idée a une grande importance et la forme matérielle est secondaire, de peu d’identité, éphémère, économique, sans prétentions et/ou dématérialisée**.

Dans Temps, ce résidu résultant du procédé créatif est une horloge. A travers ce symbolisme accentué et la sortie de contexte d’un objet aussi quotidien, Reyes nous oblige à réagir, mais surtout à regarder d’une manière différente à l’habituelle***. Dans ce sens, Temps connecte avec ces artistes conceptuels, c’est le cas de On Kawara ou Roman Opalka, dont l’œuvre, au-delà du concept de temps, avait comme axe vertébré le drame de notre propre existence****.

 

* Voir : Bozal, V. Modernos y posmodernos. Madrid, Historia 16, 2000. Pag. 50.
** Lippard, L. Seis años: La desmaterialización del objeto artístico de 1996 a 1972. Madrid, Akal, 2004. Pag. 8.
*** Voir: Bozal, V. Op cit. Pag 52.
**** Voir : VVAA. Arte del siglo XX. II Volúmenes. Colonia, Taschen, 2005. Pags 358 et 359.

Fiche technique

Led programmable

23 x 71 x 10 cm

2017